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Accueil de la promo 2008



Accueil de la promo 2008

VENDREDI 16 MAI 2008 à 18h00 - ACCUEIL ET DÎNER AVEC LA NOUVELLE PROMOTION 2008

Les photos

L’intervention du président Jacques Gallois.

Chers élèves de la promo 2008,

Je ne voudrais pas faire durer trop longtemps le suspense, et, contrairement à toutes les règles de la bonne rhétorique, je tiens à vous dire de suite que, oui, l’Association des Anciens Elèves de Saint Joseph vous accueille bien volontiers .

L’objet de notre Association , en quelques mots, c’est de préserver le lien des anciens : entre eux , avec l’Ecole et avec les élèves, en apportant, en fonction de nos moyens et bien sûr des demandes qui nous sont faites, une contribution pratique, matérielle ou financière . Tout cela nous vous l’écrirons dans une lettre qui vous sera remise avant votre départ.

Mais quel est le sens de l’accueil de ce soir ? Quel est le sens pour vous tous et quel est le sens pour ceux d’entre vous qui n’ont passé que peu de temps, parfois une seule année, dans cette école ?

Aujourd’hui, ce qui unit tous ceux qui se revendiquent "anciens" de Saint Joseph -les matheux diraient "le plus petit commun multiple" et les latinistes diraient "l’affectio societatis"- c’est quelque chose qui repose à la fois sur le vécu commun, l’appartenance à un groupe, mais aussi (et surtout) sur la fidélité à l’essentiel des valeurs que chacun des membres de cette communauté éducative a voulu vous transmettre, et que peut-être, à ce jour, certains d’entre vous n’ont pas encore complètement perçu .

Savez-vous ce que c’est qu’un gyrophare ? Un gyrophare, c’est une lumière puissante très agressive, qui tourne très vite & qui fait dégager le chemin : on la voit arriver de loin mais elle disparaît aussi vite . Autour de nous, un certain nombre de gens se comportent comme des gyrophares, (si vous n’en êtes pas convaincus regardez donc encore un peu plus la télévision) et je pense que votre génération n’échappe pas à la règle. Le syndrome du gyrophare, c’est : "je taille la route, tout le monde s’écarte car j’ai tous les droit. Et intellectuellement, comme spirituellement, je me nourris de cette lumière très intermittente que je projette : c’est-à-dire, vite et mal . Et comme ces éclairs fugitifs ne sont dirigés que vers l’extérieur, cela appauvrit ma lumière intérieure !"

Eh bien, je pense que l’héritage reçu et partagé qui rassemble les Anciens de cette école, c’est d’être -en tout cas, soyons modestes, de tenter d’être- des porteurs de lumières, et pas des gyrophares. La lumière attire, le gyrophare éloigne. Alors, soyez à votre tour des porteurs de lumière, et pas des gyrophares !

Et demain, quand vous aurez quitté St-Joseph, l’Association des Anciens Elèves vous propose de faire vivre cette lumière partagée en :
- maintenant le lien avec les générations qui vous ont précédé,
- maintenant le lien entre vous, élèves de la promo 2008,
- maintenant le lien avec votre Ecole, vos éducateurs et avec ceux qui vous succèderont, et à qui, d’ici quelques années, vous pourrez apporter à votre tour cette lumière.

Dans cet esprit là, bienvenue au sein de l’Association des Anciens Elèves, et bon vent à la promotion 2008.

L’intervention du préfet du Lycée Jean-Paul Baroux :

Cher Père, monsieur le président, messieurs les anciens, chers élèves

Jeunes gens, vous arrivez à une étape importante : Dans un mois, vous passerez le bac. Dans un mois vous quitterez cet établissement que vous avez rejoint depuis un an, 3 ans, 10 ans ou plus pour certains. Comme vos aînés avant vous, vous quittez ce monde parfois rassurant et chaleureux du lycée pour poursuivre l’aventure de votre vie, un peu quand même dans l’inconnu. Dans un mois vous parlerez de Saint Joseph au passé, en anciens.

De vos années ici, qu’en retiendrez vous ? Rappelez vous ce jour ou vous avez demandé à venir au lycée et souvenez vous de quelles étaient vos motivations. Qu’en attendiez vous ? Qu’espériez vous trouver ? Le projet des équipes vous invitait à vous préparer pour construire votre avenir, pour donner le meilleur de vous-même au service des autres, en témoins de l’évangile. Aujourd’hui, vous sentez vous différents ? Ne serait-il pas profitable de prendre un temps de relecture pour s’asseoir et faire le point, non pour regretter ou envier le passé mais pour mieux avancer demain. Qui pourrait dire aujourd’hui que sa scolarité au lycée Saint Joseph n’a pas fait bouger quelque chose en lui ? Ce temps prenez le, chez vous, au calme. Cela ne sera jamais du temps perdu. Il vous permettra redécouvrir quelque chose et d’approfondir ce qui aura pu être vécu trop rapidement (comme les retraites).

Après la richesse de recevoir pendant ces années, quelle suite à donner ? Vous arrivez au terme de votre scolarité, de votre vie d’équipiers. Le projet des équipes vous permet de bâtir votre avenir sur des valeurs, comme une maison est bâtie sur le roc. Alors, et maintenant ? Voulez vous mettre en pratique cette initiation que vous avez apprise ici ? Comment ? Comment exprimé concrètement l’âme du projet des équipes :

Soyez heureux, soyez épanouis chaque jour un peu plus. Toutes les expériences vécues ici ont sûrement apporté un peu. Soyez confiant en vous-même et en l’avenir. Soyez des témoins visibles, fidèle aux valeurs qui vous ont été transmises. Le monde d’aujourd’hui a besoin de repères. N’ayez pas peur de dire vos origines et vos convictions. Témoignez en parole et en action, par votre vie de tous les jours. Soyez des acteurs responsables, des hommes et des femmes engagés au service de vos frères. N’hésitez pas à transmettre ce que vous avez reçu. Pourquoi ne pas participer à des actions ponctuelles, des actes gratuits au service des autres. (Un forum des anciens par exemple).

Mais peut on quitter définitivement un endroit où l’on se sent bien, comme chez soi ? Revenez à Saint Joseph ! Pensez à donner des nouvelles, pensez à la communauté des anciens. Pas comme des nostalgiques qui cherche un monde perdu, un doux rêve, mais revenez pour puiser à la source, pour reprendre de cet esprit qui vous a animé et qui vous a forgé un peu, pour à votre tour, à coté d’autres, donner un peu de temps pour partager ce que vous avez vécu ici et montrer ce que cela vous aura apporter. En octobre par exemple, au moment des anniversaires, rappeler vous que vous êtes une partie des 400 ans de l’école, vous êtes un peu de l’Histoire de Saint Joseph. Elle vous aura marqué et réciproquement. Physiquement ou par la pensée, soyez présent.

Cette cérémonie n’est pas une cérémonie de clôture, c’est un acte fondateur, un départ pour un nouveau cycle. Nous aurons l’occasion de nous reparler avant votre départ, mais profiter pleinement des derniers temps pour vivre à fond ce projet et, par anticipation, bonne continuation.

L’intervention de Roland Frankart à propos du livre de l’Histoire de Saint-Joseph de Reims :

Pour tenter de vous faire saisir l’intérêt d’acheter et de lire L’Histoire de Saint-Joseph de Reims d’†André Jacquinet et Roland Frankart, qui paraîtra en octobre prochain, je me servirai de l’outil qui a été le mien pendant toute ma carrière : la littérature. Julien Gracq, le grand écrivain français décédé en décembre dernier – un de mes auteurs favoris – écrivait que lorsqu’on est à la Pointe du Raz, face à l’Océan qui ne s’arrête que sur les côtes d’Amérique, quand on est à ce bout du bout de la Bretagne, on a la sensation d’avoir derrière soi, dans son dos, « l’énorme masse de l’Europe et de l’Asie », on se sent comme un « projectile au bout du canon, brusquement craché dans la lumière », d’où « une sensation cosmique et brutale d’envol ».

Passons de la géographie bretonne à l’histoire de Saint-Joseph. En ce printemps 2008, sentez dans votre dos l’ « énorme masse » des dizaines et dizaines de promotions qui se sont succédé depuis la première rentrée d’octobre 1608, du temps du bon roi Henri IV qui autorisa les Pères Jésuites à ouvrir un Collège à Reims, votre Collège, car c’est le même continué. Placés au premier rang de cette cohorte immense, vous serez l’an prochain au deuxième rang, puis au troisième, et ainsi de suite. Pour l’instant, vous vous apprêtez à être des Anciens de St Jo, comme projetés dans la lumière d’un avenir qu’il vous appartiendra de construire.

Avoir été élèves d’un établissement quatre fois centenaire n’est ni un privilège ni un handicap, cela ne donne aucun droit et n’impose aucun devoir, sinon le devoir de mémoire. Le devoir de mémoire ! A force d’être ressassée, l’expression finit par lasser, mais je crois qu’elle prend ici un sens parce qu’on n’est pas dans les généralités mais dans ce qui devrait vous toucher au plus près de ce qu’ont été vos années de jeunesse passées dans cet établissement. Faites mémoire de ceux qui ont vécu avant vous dans cette maison, intéressez-vous à eux – qui ils étaient, comme ils ont vécu ici, pourquoi à St Joseph les choses sont ce qu’elles sont, etc. – prenez un peu de temps pour connaître l’histoire de votre établissement.

Ce devoir de mémoire, cette lecture instructive, ne seront pas synonymes d’ennui : vous apprendrez comment se déroulaient les études au Collège quand Colbert y était élève, vous verrez qu’on y faisait beaucoup de théâtre, vous saurez pourquoi ce Collège privé pour garçons (celui du faubourg Cérès) est devenu un lycée d’état pour filles puis mixte (l’actuel lycée Jean-Jaurès), vous comprendrez pourquoi votre lycée est organisé en équipes, vous apprendrez que parmi vos prédécesseurs il y a eu aussi bien Jacques Marquette, plus célèbre aux U.S.A. qu’en France car c’est lui qui a découvert les sources du Mississipi, ce qui lui vaut d’avoir sa statue près de celle de Lincoln à Washington ; il y a aussi – c’est moins glorieux – Raoul Villain, l’assassin de Jean-Jaurès, et, dans un registre plus mystérieux, un élève clandestinement scolarisé ici pendant la seconde guerre, qui s’avérera être le fils du Mal de Lattre de Tassigny. Pourquoi clandestinement ? Eh bien, achetez le livre… Faites-le acheter par vos parents. Et si votre père est un ancien élève, qu’il en commande 2 exemplaires : 1 pour lui et 1 pour vous.

Roland Frankart

Une bénédiction irlandaise lue par le Père Bernard Pardonnat.

Que la route s’élève pour vous rencontrer.

Que le vent soit toujours derrière vous.

Que le soleil brille et réchauffe votre visage.

Que la pluie tombe doucement sur vos champs.

Et jusqu’à ce que nous nous rencontrions à nouveau, que Dieu vous garde dans le creux de sa main.

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