Accueil > Etablissement > Pastorale > Anniversaires ignatiens > Concert Los Moxos 30 janvier 2006 à REIMS

Concert Los Moxos 30 janvier 2006 à REIMS



Cliquez ici pour voir les photos du concert

Le concert s’est déroulé à la Basilique Saint-Remi devant 400 spectateurs enthousiastes. Il faut saluer le courage, le sérieux, la qualité musicale et instrumentale des 37 jeunes boliviens qui ont fait ce spectacle dans des conditions difficiles pour des artistes. La température était de 3° à leur arrivée pour les répétitions dans la basilique vers 17 heures... La scène n’était quasiment pas chauffée et leur tenue de vestimentaire est faite pour des températures estivales...

Voici l’introduction qui a été lue pour présenter le concert aux spectateurs.

"Merci à vous tous qui malgré le froid, avez répondu à l’invitation qui vous a été faite ce soir et je crois que vous n’allez pas le regretter. Les plus courageux sont cependant le jeunes boliviens qui vont proposer ce concert dans des conditions de température difficiles pour des musiciens et des chanteurs.

Le groupe qui se produit devant nous, vous le savez, s’appelle LES MOXOS. Ils viennent de la région nord de l’Amazonie bolivienne grande comme la Belgique et peuplée d’environ 12000 habitants.

L’histoire qu’ils viennent partager dans la Basilique Saint-Remi est exceptionnelle. Pour mieux la comprendre, avant que le spectacle commence, voici simplement quelques repères :

- Entre le 17ème et le 18ème siècle des missionnaires jésuites ont créé au Paraguay et en Bolivie, les deux pays les plus pauvres d’Amérique latine, des missions destinées à évangéliser et à apporter aux tribus indigènes une organisation sociale et humaine moins opprimante. Vers 1767, les jésuites ont dû quitter toutes les missions.

- La mission San Ignacio de Moxos a conservé son église et de nombreuses traditions religieuses et sociales, mais aussi un important patrimoine musical.

- Celui-ci nous est parvenu surtout grâce aux "Taitas", les anciens du village qui ont conservé les partitions de musique baroque du XVIIe en les retranscrivant de génération en génération.

- Aux 17ème et 18ème siècles, dans les missions, il était possible de se consacrer exclusivement à la musique. En particulier dans les écoles où les élèves avaient des cours de solfège, de composition musicale, de chant, de pratique d’un instrument, etc. Ils fabriquaient leurs propres instruments (violons, violoncelles, flûtes, bajones, orgues, harpes et autres instruments traditionnels). Chaque réduction comptait un choeur et orchestre formé d’une quarantaine de musiciens.

- Deux siècles plus tard, en 1981, à leur retour, à leur grande surprise, les jésuites s’aperçoivent que les traditions liturgiques et musicales des missions ont été sauvegardées. L’orchestre indigène continue tant bien que mal, avec un sens approximatif du solfège, à jouer au cours des célébrations liturgiques...

- En 1996, il y a exactement 10 ans, une religieuse, soeur Maria Jésus, présente parmi nous ce soir, fonde l’école San Ignacio. Un de ses objectifs principaux est d’aider l’école à retrouver ses racines et son patrimoine artistique. Nous pourrons constater en regardant ce spectacle que cet objectif est pleinement atteint.

- Le groupe que vous allez entendre ce soir est composé de 37 jeunes et 3 accompagnateurs, pratiquement tous indigènes, dynamiques, motivés et talentueux, même s’ils ne disposent pas de l’infrastructure des orchestres ou des organisations musicales que l’on peut trouver en Europe.

- Depuis le 11 janvier, ils se produisent presque chaque soir dans une ville différente. Ils arrivent de LILLE, ils seront demain à NANCY puis repartiront pour de nouveaux concerts. En un mois ils auront donné 20 concerts et réunis plus de 10 000 spectateurs dans 18 villes de France, du Luxembourg et de Belgique. Ils quitteront la France pour un mois de nouveaux concerts en Espagne.